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I - Poissons et Dragons

DE L'AUTRE CÔTÉ DU MIROIR : BALLET TRANSVITALISTE EN 10 TABLEAUX

 

8400118 3x2 large– Les dragons et les poissons ont la même origine ; mais combien, pour chacun, la destinée est différente !  Albert Puyou, comte de Pouvourville, dit Matgioi  La Voie métaphysique – 1905

L’un des mythes les plus connus en Chine, puis au Japon, évoque une carpe qui remonte le cours tumultueux d’un torrent pour parvenir au prix d'un effort prodigieux à s'envoler dans les airs.

Selon la légende, une fois par an, par une certaine nuit d'orage, les carpes quittent la mer Orientale  pour remonter le cours du fleuve Jaune. Elles se présentent à la Porte du Dragon (Longmen) où l'Empereur céleste a organisé un concours.

dragonLa cascade est vertigineuse. L'eau s’y précipite d'une hauteur de cent mètres. Si les carpes parviennent à franchir l’obstacle, elles sont changées en dragons, tandis que celles qui échouent devront regagner la mer de l'Est pour revenir tenter leur chance l'année suivante.

On peut admirer dans les décors chinois combien les artisans se sont plu à illustrer chacune des étapes de cette fantastique métamorphose, de la carpe au dragon, en passant par le stade intermédiaire du poisson-dragon (feiyu).

En réalité, derrière cette parabole, c'est de la vie posthume qu'il est question.

Dès l'époque des Zhou (XIᵉ〜IIIᵉ s. av. J.-C.), on trouve en Chine des objets funéraires pisciformes : des représentations de poissons fermaient les yeux des cadavres. La Chronique des règnes rapporte que le prince Millet (Houji) se noya dans le Grand marais situé près de la Porte des Oies sauvages qui constituait l’un des accès au monde des morts et du Ciel. Les spécialistes qui se sont penchés sur ce mythe fondateur n'ont pas manqué de faire le lien entre les Sources jaunes, séjour des défunts, et les oies sauvages migratrices, figures d’un retour dans le circuit cosmobiogique.                                   >> Suivant >>